Huarache rose gold

Le Mad Max 2015, c’est un anti-James Bond. D’abord parce qu’il est beaucoup moins propret que l’agent secret, le sable et la sueur des mondes post-apocalyptiques étant très salissants. Ensuite, contrairement à la franchise britannique où le héros se présente dès le générique, il faut ici attendre la fin du film pour que le héros confie son prénom à la petite bande avec qui il vient de passer des jours de cavale dans un camion-citerne. Mad Max : Fury Road fonctionne parce qu’il s’adresse à un public qui connaît déjà, davantage que le nom, le plaisir qu’il va éprouver. C’est un cinéma masturbatoire, où l’excitation compte davantage que la découverte.

Mad Max, être solitaire et hanté par ses fantômes, vit dans un monde désertique, ravagé par les pénuries de matières premières (eau, pétrole). Il est kidnappé par une bande de créatures couvertes de poussière qui l’emmènent dans une citadelle et l’entravent pour en faire une banque de sang vivante. Ces monstres virilistes et rasés ont des airs de skinheads et leur chef a tout d’un Führer. Immortan Joe, être casqué et habillé d’une armure plastifiée, tient une population entière à sa merci, affamée et assoiffée, le dictateur ayant volé toutes les eaux des nappes phréatiques, promettant le Valhalla à ses plus fidèles soldats.

L’une de ses lieutenants, Imperator Furiosa (Charlize Theron, égérie Dior qui n’a donc pas peur d’apparaître avec un moignon au bras) part à la recherche de pétrole et de munitions dans une ville voisine. Sur le chemin, elle désobéit aux ordres d’Immortan Joe, dévie de son chemin. La horde de skins la pourchasse, embarquant Mad Max comme la simple figure de proue d’une bagnole. Il s’avère que dans le camion de la traîtresse sont cachées les concubines du tyran, qui rêvent d’être libres. Au fil d’une course-poursuite faite d’explosions, de crevages de pneus et d’assauts d’une voiture à l’autre, Max rejoint ce noyau d’évadés. Le récit est d’une simplicité absolue : à peine l’équipée sauvage est-elle arrivée à son port qu’elle fait chemin inverse. Mad Max : Fury Road est fait d’allers-retours. Peu importe la direction où le film va, seul compte le vrombissement qu’il fait. Sur ce point, ce quatrième volet est très réussi, proposant sur la route droite et mince de son scénario quelques montées de vitesse assez spectaculaires.