Huarache homme rouge

Malgré toutes les rumeurs autour d’un départ du Virgin Megastore des Champs qui ne serait jamais parvenu à rentabiliser l’emplacement, l’enseigne de distribution sélective est toujours là et a toujours nié avoir décidé de jeter l’éponge. Et il reste prioritaire pour une relocation: le marché de la location commerciale est très normé. A la fin du bail, le propriétaire doit faire une proposition de nouveau bail au locataire en place, qu’il est libre d’accepter, de refuser, de négocier, voire de contester s’il estime le montant bien trop important.Et c’est là que Virgin risque d’avoir des problèmes. La société créée par Richard Branson et reprise en France par Arnaud Lagardère paie, selon nos informations, un loyer très en-deçà de ce qu’un propriétaire pourrait attendre d’un tel emplacement (autour de 5 à 6 millions d’euros de loyer annuel). Il est donc très probable qu’une hausse sensible attende Virgin lors du prochain bail. S’ils sont prêts à payer pour garder cette adresse prestigieuse, ils resteront dans les murs: une enseigne mieux-disante ne pourra pas les mettre dehors.

Les Qataris, qui font main basse depuis quelques mois sur les immeubles parisiens et sur des participations dans des sociétés du CAC40 pourraient essayer de faire jouer les synergies (voir la liste des investissements les plus récents en cliquant ici). On pense bien entendu avant tout au PSG, qui dispose déjà d’une boutique, partagée avec Nike, sur les Champs-Elysées et que les Qataris souhaiteraient agrandir, comme ils souhaitent agrandir le Parc des Princes Reste à savoir quand expire le bail de la boutique du PSG déjà en place, car les délais ne correspondent pas forcément. Philippe Perello ne croit pas à ce scénario: « Je pense que les Qataris font avant tout un investissement en immobilier locatif très peu risqué, vu l’adresse ».De nombreuses marques de voitures utilisent les Champs-Elysées comme une vitrine nationale, mais aussi internationale, en termes d’image. Plusieurs y sont déjà présents: Peugeot, Renault, Toyota, Mercedes. Mais Volkswagen ou Opel pourraient également se montrer intéressés par l’emplacement.

Seul inconvénient: les voitures ont besoin d’une forte exposition et d’une large vitrine pour mettre en avant les modèles. L’étroitesse de la façade limite la visibilité de l’extérieur, et l’architecture intérieure avec un grand escalier et deux étages en fer à cheval, est contraignante pour organiser l’espace. « C’est vrai, c’est un commerce dit ‘de destination’. On sait que le magasin est là et on décide d’y aller, plus qu’une visite d’impulsion », détaille Philippe Perello. Pour inciter un constructeur à venir, il faudrait englober également le Monoprix, situé dans le même immeuble.