Huarache camo

Le plus rassurant dans ce contexte est le bond de 20% des commandes annoncé par Nike pour les quatre prochains mois. «Nous continuons de percevoir des opportunités considérables dans l’avenir alors que nous entrons dans une année olympique et dans une année de championnats européens, avec une gamme pleine d’innovation pour les athlètes du monde entier», proclame Mark Parker, le patron de Nike. À l’ouverture de Wall Street, mercredi, le cours du géant américain affichait un gain de 2, 8%.Le 26 mars 1987, Nike révélait la première version de sa célèbre basket montée sur une bulle d’air. Il y aura un avant et un après ce lancement, qui inaugurait, il y a trente ans, le règne de la culture streetwear.Dans les années 1980, la sneaker que tout le monde s’arrache possède bien la technologie «Air Sole» c’est-à-dire la petite capsule en plastique remplie de gaz inerte insérée dans la semelle et mise au point par Frank Rudy, un ingénieur de la Nasa. Mais ce n’est pas une Air Max. Créée en 1982, celle que la jeunesse réclame s’appelle Air Force 1 et est destinée à la pratique du basket-ball alors en plein essor, popularisé par le jeune prodige des parquets, Michael Jordan.

Seulement, cela ne suffit pas aux deux fondateurs de Nike, Phil Knight, coureur de demi-fond pendant ses études, et Bill Bowerman, son ancien entraîneur, qui souhaitent revenir à leurs origines: le running. Pour ajuster le tir, Tinker Hatfield, «architecte des espaces» de l’entreprise, sera appelé à la rescousse en 1985, se voyant confier la lourde tâche d’imaginer une chaussure pour la course capable de s’imposer comme «la» référence du genre. Au cours d’une visite à Paris, l’Américain de l’Oregon que les sneakerheads (la communauté de collectionneurs) appellent «le Boss», a l’idée en passant devant le Centre Pompidou de rendre visible le coussin d’air contenu dans la semelle. Il va réinventer la chaussure de sport mais pas seulement.

«Tous les adolescents en étaient dingues. Cette petite bulle apparente était géniale. Elle lui donnait un côté magique. Nous avions le sentiment de marcher sur un nuage», raconte Pascal Monfort, fondateur du cabinet de conseil REC et inconditionnel de la première heure. «En conjuguant la performance et la technologie des composants à une esthétique puissante, Nike a fait plus que révolutionner la basket, analyse Florence Müller, conservatrice de la mode et du textile du Denver Art Museum, auteur de Baskets. Une histoire de chaussures de sport, de ville, paru en 1997. À l’époque, on voyait tout à travers le prisme du design. C’était une running shoe certes, mais aussi un très bel objet.» Dans les années 1990, les designers, de Philippe Starck à Andrée Putman, sont des stars ; Steve Jobs fait de l’ordinateur de M.